https://www.agn-avocats.fr/blog/succession/que-se-passe-t-il-si-un-heritier-refuse-de-signer-chez-le-notaire/

Que se passe-t-il si un héritier refuse de signer chez le notaire ?

succession-héritier-ne-veut-pas-signer-notaire.jpg

La succession avance, le notaire a préparé les actes de partage, mais l’un de vos cohéritiers refuse de se présenter chez le notaire ou refuse de signer. Cette situation, fréquente dans les successions conflictuelles, peut bloquer indéfiniment le règlement de la succession si l’on ne sait pas comment réagir. Heureusement, la loi prévoit des mécanismes pour contourner ce blocage et obtenir le partage malgré l’opposition d’un héritier.

Bon à savoir : en droit français, le partage d’une succession requiert en principe l’accord de tous les cohéritiers. Mais la loi prévoit des solutions pour débloquer la situation lorsqu’un héritier est de mauvaise foi, injoignable ou simplement réfractaire a tout accord.

Pourquoi un héritier peut-il refuser de signer ?

Les raisons d’un refus de signer sont multiples et il est important de les identifier pour choisir la bonne stratégie :

  • Un désaccord sur l’évaluation des biens : l’héritier conteste la valeur attribuée a certains biens de la succession.
  • Un désaccord sur la composition de la masse successorale : l’héritier estime que certains biens ont été oublies ou mal intègres.
  • Un désaccord sur le rapport des donations : l’héritier pense qu’un cohéritier a reçu des donations du vivant du défunt qui n’ont pas été réintégrées.
  • Une stratégie dilatoire : l’héritier occupe un bien successoral et n’a aucun intérêt a ce que la succession soit réglée rapidement.
  • Un conflit familial : des rancunes personnelles motivent le refus, indépendamment de tout enjeu juridique.
  • L’incompréhension des actes proposes par le notaire.

La sommation de prendre parti : contraindre l’héritier a agir

Si un héritier ne se manifeste pas du tout et ne prend aucune position, les autres héritiers peuvent lui adresser une sommation de prendre parti par acte de commissaire de justice (huissier). Cette sommation oblige l’héritier à se prononcer dans un délai de deux mois sur l’acceptation ou le refus de la succession.

A défaut de réponse dans ce délai, l’héritier est réputé avoir accepté purement et simplement la succession. Il ne peut alors plus refuser de participer au partage.

La mise en demeure de se faire représenter au partage

Si l’héritier a accepté la succession mais refuse de participer au partage amiable, l’article 841-1 du Code civil permet de le mettre en demeure de se faire représenter. Cette mise en demeure, envoyée par acte de commissaire de justice, lui accorde un délai de trois mois pour désigner un représentant charge de le représenter lors des opérations de partage.

A défaut de réponse ou de désignation d’un représentant dans ce délai, le président du tribunal judiciaire peut être saisi pour nommer un représentant d’office a l’héritier réfractaire. Ce représentant participera au partage a sa place.

Bon à savoir : la mise en demeure de se faire représenter est une arme efficace contre les héritiers qui utilisent leur silence comme stratégie de blocage. Elle permet d’avancer vers le partage même en l’absence de coopération d’un cohéritier.

Le partage judiciaire : la solution en cas de blocage persistant

Si toutes les tentatives de partage amiable ont échoué, l’un des héritiers peut saisir le tribunal judiciaire pour obtenir un partage judiciaire. C’est la procédure la plus efficace pour forcer le partage malgré l’opposition d’un héritier.

Le déroulement de la procédure

  • L’un des héritiers, assiste d’un avocat (obligatoire), saisit le tribunal judiciaire du lieu d’ouverture de la succession par assignation.
  • Le tribunal désigne un notaire pour procéder aux opérations de compte, liquidation et partage.
  • Le notaire convoque les héritiers, établit un projet d’état liquidatif et tente de trouver un accord amiable.
  • En cas de désaccord persistant, le notaire dresse un procès-verbal de difficultés qu’il soumet au juge.
  • Le juge statue sur les points litigieux et homologue l’état liquidatif.
  • Le partage est prononcé par jugement, qui s’impose à tous les héritiers, y compris celui qui avait refusé.

La durée et le cout

Le partage judiciaire est une procédure plus longue et plus couteuse que le partage amiable. Il faut compter en moyenne 2 à 4 ans selon la complexité du dossier et l’encombrement des tribunaux. Les frais (avocat, notaire, éventuellement expert) sont en général supportés par la masse successorale.

La vente forcée des biens indivis

Si la succession comprend des biens immobiliers et qu’un héritier s’oppose a leur vente, il est possible, sous certaines conditions, d’obtenir une autorisation judiciaire de vendre malgré son refus. Les conditions sont :

  • Les héritiers favorables à la vente doivent détenir au moins les deux tiers des droits indivis.
  • Le refus de l’héritier doit mettre en péril l’intérêt commun (bien vétuste, charges importantes, actif successoral insuffisant pour payer les droits de succession).
  • Le tribunal doit autoriser la vente après avoir constaté que le refus est abusif.

Les sanctions contre l’héritier de mauvaise foi

Si l’héritier refuse de signer non par conviction mais par mauvaise foi (stratégie dilatoire, occupation d’un bien successoral, dissimulation d’actifs), des sanctions spécifiques peuvent s’appliquer :

  • Condamnation aux dépens : l’héritier qui a inutilement bloque la procédure peut être condamné à supporter tout ou partie des frais de justice.
  • Dommages-intérêts : si son refus à cause un préjudice aux autres héritiers, il peut être condamne à les indemniser.
  • Recel successoral : si le refus de signer vise à dissimuler des biens ou des donations non déclarées, il peut être qualifie de recel successoral avec des sanctions très sévères.
Bon à savoir : face à un héritier qui refuse de coopérer, agir vite est essentiel. Chaque mois de blocage peut générer des couts supplémentaires (charges du bien, intérêts de retard sur les droits de succession) qui s’imputeront sur votre part. Un avocat peut mettre en œuvre les procédures adéquates pour débloquer la situation dans les meilleurs délais.

Nos avocats, experts en droit des successions, se tiennent à votre disposition pour répondre à toutes vos questions et vous conseiller. Nos entretiens peuvent se tenir en présentiel ou en visio-conférence. Vous pouvez prendre rendez-vous directement en ligne sur www.agn-avocats.fr.

AGN AVOCATS – Pôle Succession
contact@agn-avocats.fr
09 72 34 24 72

Le droit des Successions chez AGN Avocats