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Promoteurs et constructeurs : les nouvelles armes offertes par la loi Huwart

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Depuis le 28 novembre 2025, le droit de l’urbanisme offre aux professionnels de l’immobilier et de la construction des outils inédits pour sécuriser leurs projets face aux aléas réglementaires. La loi Huwart n° 2025-1129 du 26 novembre 2025 ne simplifie pas tout, mais elle apporte des réponses concrètes à des problèmes récurrents qui coûtaient cher aux opérateurs. Décryptage.

Le bouclier réglementaire de 3 ans : enfin une sécurité juridique pour les permis modificatifs

C’est sans doute la mesure la plus structurante pour les promoteurs et maîtres d’ouvrage. Jusqu’à présent, tout projet nécessitant un permis de construire modificatif en cours de chantier était exposé au risque d’un changement de PLU : si la commune avait révisé son document d’urbanisme entre la délivrance du permis initial et la demande modificative, les nouvelles règles s’appliquaient, pouvant remettre en cause tout ou partie du projet.

La loi y met fin. Désormais, pendant une période de 3 ans à compter de la délivrance du permis initial, les règles d’urbanisme sont figées. Aucune évolution du PLU survenue après ce permis ne peut être opposée au titulaire lors de l’instruction d’un permis modificatif, sauf dispositions relatives à la sécurité ou à la salubrité publique.

À noter : ce mécanisme vaut aussi pour les permis d’aménager modificatifs, via le nouvel article L. 441-5 du code de l’urbanisme. Les opérations de lotissement bénéficient donc de la même protection.

Le permis d’aménager multisites : une opportunité pour les lotissements complexes

La loi ouvre une possibilité nouvelle : déposer un permis d’aménager unique portant sur des unités foncières non contiguës. Jusqu’alors, un lotissement devait obligatoirement porter sur des parcelles adjacentes. Cette contrainte rendait impossible, ou très complexe, certaines opérations sur des terrains discontinus mais formant un ensemble cohérent.

Trois conditions cumulatives s’appliquent : la demande doit émaner d’un seul pétitionnaire, le projet doit constituer un ensemble unique et cohérent, et l’unité architecturale et paysagère des sites doit être garantie. Il est également possible d’intégrer dans ce cadre une parcelle à renaturer, ce qui ouvre des perspectives en matière de compensation environnementale.

Des dérogations au PLU accessibles dans toutes les communes

Les dérogations prévues à l’article L. 152-6 du code de l’urbanisme, gabarit, densité, places de stationnement, retrait, surélévation, étaient jusqu’ici réservées aux communes situées en zone tendue (taxe sur les logements vacants) ou aux grandes villes en forte croissance démographique. La loi Huwart généralise ce dispositif à l’ensemble du territoire.

Concrètement, un maire peut désormais, par décision motivée au cas par cas, autoriser des constructions dérogeant aux règles habituelles du PLU pour favoriser la production de logements. Pour les opérateurs travaillant en zone détendue ou dans des communes moyennes, il s’agit d’un levier significatif qui mérite d’être intégré dans la stratégie de négociation des projets.

La construction en zone d’activités économiques : de nouvelles possibilités

La loi introduit également des dérogations spécifiques dans les zones d’activités économiques (ZAE). Il est désormais possible, sous conditions, de déroger aux destinations fixées par le PLU pour y réaliser des logements et des équipements publics. L’autorité instructrice peut par ailleurs accorder des dérogations aux règles d’emprise au sol, de retrait, de gabarit, de hauteur et de stationnement.

Pour les opérateurs qui travaillent sur la reconversion de friches industrielles ou de ZAE obsolètes, ce cadre dérogatoire ouvre des possibilités de montages mixtes (logements, bureaux, équipements) jusqu’alors difficiles à mettre en œuvre juridiquement.

Les permis précaires : une durée de vie prolongée

La loi assouplit également le régime des permis de construire précaires, qui permettent d’autoriser des constructions temporaires ne respectant pas strictement le PLU. Jusqu’ici, la date de démolition fixée dans l’arrêté de permis était intangible. Désormais, il est possible de demander une prolongation, instruite dans les mêmes conditions que le permis initial.

Pour les chantiers de longue durée, et notamment les grands chantiers nucléaires pour lesquels la loi crée un permis précaire dédié, cette souplesse peut représenter une économie substantielle et une simplification logistique non négligeable.

Une réforme à saisir, mais à manier avec précision

Ces nouveaux outils ne s’appliquent pas automatiquement et ne dispensent pas d’une analyse juridique rigoureuse. Les conditions d’éligibilité, les délais, les articulations avec d’autres législations (environnement, accessibilité, énergie) et les pratiques variables des services instructeurs appellent une stratégie adaptée à chaque opération.

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