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Étranger devenant majeur en France : nationalité, droit du sol ou titre de séjour : quels droits ?

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Un mineur étranger n’a pas besoin de titre de séjour avant ses 18 ans (article L. 411-1 du CESEDA). Dès sa majorité, la situation change radicalement. Il est indispensable d’anticiper ces démarches bien avant les 18 ans.

Option 1 : acquérir la nationalité française par droit du sol

Pour un enfant étranger né en France de deux parents étrangers, trois voies d’acquisition sont possibles :

  • Dès 13 ans sur demande des parents, si l’enfant réside habituellement en France depuis l’âge de 8 ans (article 21-11 du Code civil) ;
  • Dès 16 ans par demande personnelle, si l’enfant réside habituellement en France depuis l’âge de 11 ans (article 21-11 du Code civil) ;
  • Automatiquement à 18 ans s’il réside encore en France à sa majorité et a vécu en France pendant au moins 5 ans depuis l’âge de 11 ans (article 21-7 du Code civil).

Dans le cas d’acquisition automatique à 18 ans, il est judicieux de demander soit un certificat de nationalité française (CNF) (article 31 du Code civil), soit de former une action déclaratoire de nationalité devant le tribunal judiciaire (article 29-3 du Code civil), cette dernière offrant une preuve irréfragable et un effet opposable à tous.

Option 2 : obtenir un titre de séjour à la majorité

Si l’acquisition de la nationalité n’est pas possible, le jeune doit anticiper ses démarches de titre de séjour avant ses 18 ans. En effet, s’il tarde à déposer sa demande dans les six mois suivant sa majorité, il perd le bénéfice des dispositions favorables et doit justifier des conditions d’entrée sur le territoire (article R. 431-8 du CESEDA, règle validée par le juge, voir not. TA Cergy-Pontoise, 24 octobre 2025, n° 2518495).

Les titres de séjour accessibles selon la situation

Le jeune majeur peut prétendre à un titre de séjour notamment dans les cas suivants :

  • Né en France, avec résidence d’au moins 8 ans de façon continue et scolarité de 5 ans en France après l’âge de 10 ans (article L. 423-13 du CESEDA) ;
  • Parent sous statut de réfugié ou d’apatride (article L. 424-3 du CESEDA) ;
  • Entré en France dans le cadre du regroupement familial (article L. 423-15 du CESEDA) ;
  • Entré en France avant l’âge de 13 ans, hors regroupement familial, avec au moins un parent légitime (article L. 423-21 du CESEDA) ;
  • Confié à l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) depuis l’âge de 16 ans (article L. 423-22 du CESEDA) ;
  • Titulaire d’attaches familiales et privées fortes en France (article L. 423-23 du CESEDA) — la présence régulière des deux parents, la scolarité et l’insertion socioprofessionnelle constituent des éléments déterminants.

Le renouvellement de droit : une protection importante

Sauf menace à l’ordre public, le renouvellement des titres de séjour d’un jeune majeur né en France ou entré mineur en France est de droit, quel que soit sa situation professionnelle ou financière. Cette protection s’applique même bien après la majorité.

Par ailleurs, le jeune étranger scolarisé en France depuis 16 ans et poursuivant des études supérieures peut se voir accorder un titre de séjour sous réserve d’une entrée régulière en France, avec dispense de visa de long séjour (article L. 422-1 du CESEDA).

→ Voir aussi : Article 13 – La naturalisation par décret est rarement accessible à 18 ans en raison des exigences d’insertion professionnelle.

→ Voir aussi : Article 14 – Les outils de preuve de la nationalité (CNF et action déclaratoire) sont détaillés dans cet article.

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