Un même héritage peut n’entraîner aucun droit à payer, ou être amputé de près de 60 %. Tout dépend d’un seul facteur, le lien de parenté qui unit l’héritier au défunt. Le conjoint survivant ne verse rien, tandis que le concubin est taxé comme un parfait étranger. Entre ces deux extrêmes, l’enfant, le frère ou le neveu relèvent de règles distinctes, qui combinent chacune un abattement et un barème propres. Comprendre cette mécanique permet d’anticiper le coût réel d’une transmission, et bien souvent de l’alléger. Le point, chiffres 2025 à l’appui.
Comment se calculent les droits de succession en 2026 ?
Le calcul suit toujours la même logique, en trois temps. On détermine d’abord la part nette taxable revenant à chaque héritier, c’est-à-dire la valeur des biens transmis après déduction des dettes du défunt. On applique ensuite un abattement personnel, qui dépend du lien de parenté. Enfin, sur le solde restant, on applique le barème progressif correspondant, lui aussi fonction du degré de parenté.
Bon à retenir : les abattements comme les barèmes s’apprécient au jour du décès. Ce sont les montants et taux en vigueur à cette date qui font foi, et non ceux applicables au moment du règlement de la succession.
Quels abattements selon le lien de parenté ?
L’abattement est la fraction de la part taxable qui échappe totalement à l’impôt. Il se déduit avant l’application du barème. Plus le lien de parenté est proche, plus l’abattement est élevé. Voici les principaux abattements applicables en 2025.
| Lien avec le défunt | Abattement applicable | Texte de référence |
| Conjoint survivant ou partenaire de PACS | Exonération totale | Article 796-0 bis du CGI |
| Enfant, parent (ligne directe) | 100 000 € | Article 779, I du CGI |
| Petit-enfant (hors représentation) | 1 594 € | Article 788, IV du CGI |
| Frère ou sœur | 15 932 € | Article 779, IV du CGI |
| Neveu ou nièce | 7 967 € | Article 779, V du CGI |
| Personne en situation de handicap | 159 325 € (cumulable) | Article 779, II du CGI |
| Autre héritier, à défaut | 1 594 € | Article 788, IV du CGI |
Le conjoint et le partenaire de PACS, une exonération totale. Depuis la loi TEPA de 2007, le conjoint survivant et le partenaire lié par un PACS sont totalement exonérés de droits de succession, quelle que soit la valeur reçue (article 796-0 bis du Code général des impôts). Cette exonération ne concerne toutefois ni le concubin, ni la transmission par testament à un tiers, qui restent eux lourdement taxés.
La ligne directe, 100 000 € par enfant et par parent. En ligne directe, c’est-à-dire entre parents et enfants, chaque enfant bénéficie d’un abattement de 100 000 € sur la part reçue de chacun de ses parents. Cet abattement se renouvelle au décès de chaque parent. Le même abattement de 100 000 € profite, en sens inverse, au parent qui hérite de son enfant.
Frères et sœurs, 15 932 € voire une exonération totale. Le frère ou la sœur du défunt bénéficie d’un abattement de 15 932 €. Mieux encore, il peut être totalement exonéré de droits de succession s’il remplit, au jour du décès, les trois conditions cumulatives de l’article 796-0 ter du CGI, exposées ci-dessous.
- être célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps ;
- avoir plus de 50 ans ou être atteint d’une infirmité l’empêchant de travailler ;
- avoir vécu de manière constante avec le défunt pendant les 5 années précédant le décès.
Neveux, nièces et héritiers plus éloignés. Le neveu ou la nièce, au sens fiscal l’enfant d’un frère ou d’une sœur du défunt, dispose d’un abattement de 7 967 €. À défaut de tout autre abattement applicable, un héritier plus éloigné ou sans lien de parenté ne bénéficie que d’un abattement résiduel de 1 594 €.
Bon à savoir, l’abattement de 159 325 € prévu en faveur des personnes en situation de handicap se cumule avec l’abattement lié au lien de parenté. Un enfant handicapé peut ainsi cumuler 100 000 € et 159 325 €, soit 259 325 € d’abattement total.
Le barème des droits de succession en ligne directe
Une fois l’abattement déduit, la part taxable restante est soumise à un barème progressif par tranches (article 777 du CGI). En ligne directe, pour les enfants, petits-enfants et ascendants, les taux s’échelonnent de 5 % à 45 %.
| Fraction taxable après abattement | Taux d’imposition |
| Jusqu’à 8 072 € | 5 % |
| De 8 073 € à 12 109 € | 10 % |
| De 12 110 € à 15 932 € | 15 % |
| De 15 933 € à 552 324 € | 20 % |
| De 552 325 € à 902 838 € | 30 % |
| De 902 839 € à 1 805 677 € | 40 % |
| Plus de 1 805 677 € | 45 % |
Le barème entre frères et sœurs
Entre frères et sœurs, le barème ne comporte que deux tranches, nettement plus élevées qu’en ligne directe.
| Fraction taxable après abattement | Taux d’imposition |
| Part taxable inférieure à 24 430 € | 35 % |
| Part taxable supérieure à 24 430 € | 45 % |
Le barème pour les neveux, parents éloignés et personnes non parentes
Au-delà du cercle familial proche, la fiscalité devient particulièrement lourde. Les neveux et nièces, comme les parents jusqu’au 4e degré (oncles, tantes, cousins germains), sont taxés à un taux unique de 55 %. Quant aux parents au-delà du 4e degré et aux personnes sans lien de parenté, comme un concubin, un ami ou un filleul, ils supportent un taux de 60 %, de loin le plus élevé du barème.
| Lien avec le défunt | Taux d’imposition |
| Neveux et nièces | 55 % |
| Parents jusqu’au 4e degré inclus | 55 % |
| Parents au-delà du 4e degré ou personnes non parentes | 60 % |
Attention, c’est ce taux de 60 % qui s’applique aux transmissions entre concubins. À la différence du couple marié ou pacsé, le concubin survivant n’est ni héritier légal, ni exonéré, il est traité fiscalement comme un étranger. Anticiper la transmission devient, dans ce cas, indispensable.
Exemple de calcul chiffré, la succession d’un enfant
Prenons le cas d’un enfant qui hérite d’une part nette de 250 000 € au décès de son père. Il bénéficie d’un abattement de 100 000 €. La part taxable est donc de 150 000 €, à laquelle on applique le barème de la ligne directe.
- jusqu’à 8 072 €, 8 072 × 5 % = 403,60 € ;
- de 8 073 € à 12 109 €, 4 037 × 10 % = 403,70 € ;
- de 12 110 € à 15 932 €, 3 823 × 15 % = 573,45 € ;
- de 15 933 € à 150 000 €, 134 068 × 20 % = 26 813,60 €.
Le total des droits de succession s’élève à environ 28 194 €, soit un taux effectif de l’ordre de 11 % sur la part reçue, bien loin du taux marginal de 20 %, grâce au jeu de l’abattement et de la progressivité. Le même héritage reçu par un neveu aurait, lui, été taxé à 55 %.
Comment anticiper et réduire les droits de succession ?
Les écarts de taxation selon le lien de parenté rendent l’anticipation décisive. Plusieurs leviers permettent d’alléger la note, à commencer par les donations de son vivant, qui purgent les abattements tous les 15 ans, l’assurance-vie, la rédaction d’un testament adapté ou encore des montages comme le démembrement de propriété. Chaque situation familiale et patrimoniale appelle une stratégie sur mesure, car ce qui est pertinent pour protéger un conjoint ne l’est pas nécessairement pour transmettre à un neveu ou à un concubin.
Le rôle de l’avocat en fiscalité successorale est d’évaluer en amont le coût fiscal d’une transmission et de construire la solution la mieux adaptée aux objectifs du client comme à la composition de sa famille. Une analyse anticipée évite bien des déconvenues au moment du règlement de la succession.
Nos avocats experts en fiscalité successorale, se tiennent à votre disposition pour répondre à toutes vos questions et vous conseiller. Nos entretiens peuvent se tenir en présentiel ou en visio-conférence. Vous pouvez prendre rendez-vous directement en ligne sur www.agn-avocats.fr.
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