Vous envisagez de vendre un bien immobilier ?
La vente d’un appartement, d’une maison, d’un terrain ou encore de certains titres ou droits immobiliers peut générer une plus-value imposable.
Toutefois, toutes les plus-values immobilières ne sont pas nécessairement imposables. Le législateur a prévu plusieurs cas d’exonération.
Avant de vendre un bien, il est donc essentiel de comprendre :
- Quelles opérations sont imposables ;
- Dans quels cas une exonération peut être obtenue ;
- Comment la plus-value est calculée ;
- Quelles sont les conséquences fiscales de la cession.
Quel est le régime fiscal applicable aux plus-values immobilières des particuliers ?
Quelles personnes sont concernées ?
Le régime des plus-values immobilières privées s’applique aux personnes physiques qui réalisent une cession de biens ou droits immobiliers dans le cadre de la gestion de leur patrimoine privé.
Il peut également s’appliquer lorsque le bien est détenu indirectement par l’intermédiaire :
- D’une société translucide relevant de l’impôt sur le revenu (ex : SCI à l’IR) ;
- D’un fonds de placement immobilier.
En revanche, ce régime ne s’applique pas :
- Aux opérations réalisées à titre habituel ou spéculatif ;
- Aux activités de marchands de biens ;
- Aux lotisseurs professionnels ;
- Aux plus-values relevant du régime des plus-values professionnelles.
Quels biens sont concernés ?
Le régime vise de manière très large les biens et droits immobiliers. Sont notamment concernés :
- Les immeubles bâtis ;
- Les terrains ;
- Les titres de sociétés à prépondérance immobilière ;
- Les droits portant sur ces biens (usufruit, nue-propriété, servitudes, etc.).
Quelles opérations sont imposables ?
Seules les cessions à titre onéreux peuvent générer une plus-value imposable (ventes, apports en société, etc.). À l’inverse, les mutations à titre gratuit, telles que les donations ou les successions, ne génèrent pas de plus-value imposable.
Comment est calculée la plus-value immobilière ?
La plus-value imposable correspond à la différence entre :
- Le prix de cession ;
- Et le prix d’acquisition du bien.
Le prix de cession correspond en principe au prix figurant dans l’acte de vente, éventuellement ajusté de certaines charges.
Le prix d’acquisition correspond quant à lui :
- Au prix effectivement payé lors de l’achat ;
- Ou, en cas de donation ou succession, à la valeur retenue pour la liquidation des droits de mutation.
Ce prix d’acquisition peut être majoré de certains frais :
- Par les frais d’acquisition supportés ou, lorsque le bien est détenu depuis plus de cinq ans, un forfait de 7,5 % représentatif des frais d’acquisition ;
- Par certaines dépenses de travaux effectivement supportées ou, lorsque le bien est détenu depuis plus de cinq ans, par un forfait travaux égal à 15 % du prix d’acquisition (sous réserve de l’existence de tels travaux).
Dans quels cas pouvez-vous être exonéré d’impôt ?
L’exonération de la résidence principale
Il s’agit probablement de l’exonération la plus connue en matière de plus-values immobilières.
En principe, pour en bénéficier, le logement cédé doit constituer la résidence habituelle et effective du cédant au jour de la vente.
Cette condition connaît toutefois une tolérance administrative importante. En effet, même lorsque le propriétaire a quitté le logement avant la signature de l’acte de vente, l’exonération peut rester applicable si le bien a été occupé par le cédant jusqu’à sa mise en vente, si la cession intervient dans un délai normal, et si le logement n’a pas été donné en location ou occupé gratuitement par un membre de la famille du cédant ou par un tiers entre-temps.
En pratique, en cas de contrôle, le contribuable doit être en mesure de justifier de l’occupation effective du logement à titre de résidence principale, notamment au moyen d’éléments matériels tels que les factures d’énergie, les abonnements téléphoniques ou internet, les contrats d’assurance ou tout autre document établissant la réalité de cette occupation.
Les dépendances immédiates et nécessaires de la résidence principale peuvent également bénéficier de cette exonération, à condition d’être cédées simultanément avec le logement (garage, remise, aire de stationnement, etc.).
Les biens donnés en location ou occupés gratuitement par des tiers ne peuvent, en principe, pas bénéficier de cette exonération.
La première cession d’un logement autre que la résidence principale
Cette exonération est notamment subordonnée :
- À l’absence de propriété de la résidence principale au cours des quatre années précédant la cession ;
- Au remploi du prix de vente dans l’acquisition ou la construction d’une résidence principale ;
- Au respect d’un délai de remploi de vingt-quatre mois.
L’exonération n’est accordée qu’à hauteur de la fraction du prix effectivement réinvestie dans l’acquisition ou la construction d’une résidence principale.
Les cessions n’excédant pas 15 000 €
Les plus-values réalisées lors de la cession d’un bien dont le prix de vente n’excède pas 15 000 € sont exonérées.
Les retraités ou invalides disposant de revenus modestes
Certains retraités et titulaires d’une carte mobilité inclusion invalidité peuvent bénéficier d’une exonération.
L’ancienne résidence principale de certaines personnes âgées ou handicapées
Une exonération spécifique est prévue lorsque l’ancienne résidence principale est cédée après l’entrée du propriétaire :
- Dans une maison de retraite ;
- Dans un établissement spécialisé accueillant des personnes handicapées.
Les expropriations sous condition de remploi
La plus-value réalisée lors d’une expropriation peut être totalement exonérée lorsque l’indemnité perçue est réemployée dans l’achat d’un bien immobilier.
Les opérations de remembrement
Certaines opérations de remembrement urbain ou d’aménagement foncier bénéficient d’un régime d’exonération spécifique.
Les immeubles sinistrés
En cas de sinistre, l’indemnité d’assurance perçue n’est pas prise en compte pour le calcul de la plus-value imposable.
Les immeubles destinés au logement social ou intermédiaire
Certaines cessions réalisées au profit d’organismes ou d’opérateurs engagés dans des programmes de logement social ou intermédiaire peuvent également bénéficier d’une exonération spécifique sous conditions.
L’exonération liée à la durée de détention
Quels abattements pour durée de détention pouvez-vous appliquer ?
Lorsque le bien est détenu depuis plus de cinq ans, la plus-value bénéficie d’un abattement dont le montant varie selon qu’il s’agit de calculer l’impôt sur le revenu ou les prélèvements sociaux.
Quel est l’abattement applicable à l’impôt sur le revenu ?
Pour l’impôt sur le revenu, l’abattement est fixé à :
- 6 % pour chaque année de détention au-delà de la cinquième et jusqu’à la vingt-et-unième année ;
- 4 % au titre de la vingt-deuxième année.
L’exonération totale d’impôt sur le revenu est donc acquise après 22 ans de détention.
Quel est l’abattement applicable aux prélèvements sociaux ?
Pour les prélèvements sociaux, le rythme est plus lent :
- 1,65 % par année de détention au-delà de la cinquième et jusqu’à la vingt-et-unième année ;
- 1,60 % pour la vingt-deuxième année ;
- 9 % pour chaque année au-delà de la vingt-deuxième.
L’exonération totale des prélèvements sociaux n’est acquise qu’après 30 ans de détention.
En pratique, entre la vingt-troisième et la trentième année de détention, une plus-value peut être exonérée d’impôt sur le revenu tout en restant partiellement soumise aux prélèvements sociaux.
Comment calculer concrètement une plus-value immobilière ?
Le calcul de la plus-value s’effectue en plusieurs étapes.
- Étape n° 1 : déterminer le prix de cession
- Étape n° 2 : déterminer le prix d’acquisition
- Étape n° 3 : prendre en compte les travaux
Exemple de calcul
- Prix de vente : 450 000 € ;
- Prix d’acquisition : 300 000 € ;
- Forfait frais d’acquisition : 22 500 € ;
- Forfait travaux : 45 000 €.
Le prix d’acquisition corrigé est donc de :
300 000 € + 22 500 € + 45 000 € = 367 500 €.
La plus-value brute ressort ainsi à :
450 000 € − 367 500 € = 82 500 €.
Les abattements pour durée de détention sont ensuite appliqués avant calcul de l’impôt et des prélèvements sociaux.
Quels sont les taux d’imposition applicables ?
Les plus-values immobilières imposables sont soumises à l’impôt sur le revenu au taux proportionnel de 19 % et aux prélèvements sociaux au taux de 17,2 %, soit une imposition globale de 36,2 %.
Attention à la surtaxe sur les plus-values immobilières élevées
Une taxe spécifique s’applique lorsque la plus-value nette imposable excède 50 000 €.
Ce seuil de 50 000 € s’apprécie après application de l’abattement pour durée de détention.
Les cessions totalement exonérées d’impôt sur le revenu ne sont pas soumises à la surtaxe.
Quel est le barème applicable ?
Le taux de cette surtaxe varie de 2 % à 6 % selon le montant de la plus-value nette imposable.
Ce qu’il faut retenir
La fiscalité des plus-values immobilières repose sur un principe simple : la différence entre le prix de vente et le prix d’acquisition du bien.
En pratique, son application peut devenir complexe en raison :
- Des nombreux cas d’exonération ;
- Des règles de calcul du prix d’acquisition ;
- Des abattements pour durée de détention ;
- De la surtaxe applicable aux plus-values les plus importantes.
Une erreur dans l’identification d’une exonération ou dans la prise en compte des travaux peut avoir un impact significatif sur le montant de l’impôt dû.
Avant toute cession immobilière, il est donc recommandé de procéder à une analyse complète de votre situation afin de sécuriser le traitement fiscal de l’opération.
Nos avocats experts en fiscalité, se tiennent à votre disposition pour répondre à toutes vos questions et vous conseiller. Nos entretiens peuvent se tenir en présentiel ou en visio-conférence. Vous pouvez prendre rendez-vous directement en ligne sur www.agn-avocats.fr.
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