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Saisie et vente de droits d’associés : mode d’emploi pour récupérer votre créance

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Vous êtes créancier et votre débiteur détient des parts sociales ou des actions ? Vous vous demandez si ces droits peuvent être saisis et vendus ? La réponse est oui, mais la procédure obéit à des règles spécifiques.

Définition de la saisie-vente des droits d’associés 

La saisie-vente des droits d’associés est une mesure d’exécution forcée permettant à un créancier, muni d’un titre exécutoire constatant une créance liquide et exigible, de faire saisir puis céder les droits sociaux détenus par son débiteur dans une société afin d’obtenir le paiement de sa dette.

Elle porte sur des droits incorporels, notamment des parts sociales, à l’exclusion des créances de sommes d’argent. La saisie entraîne l’indisponibilité de ces droits, avant leur cession, soit à l’amiable, soit par voie forcée, le produit étant ensuite affecté au désintéressement des créanciers. Ce mécanisme est encadré par l’article L.231-1 du Code des procédures civiles d’exécution.

Comment définir les droits d’associés ?

Le Code des procédures civiles d’exécution ne donne pas de définition précise des droits d’associés. Il faut donc s’appuyer sur l’interprétation des textes et sur la pratique.

Les droits d’associés correspondent principalement aux parts sociales détenues dans des sociétés dotées de la personnalité morale. Il s’agit notamment des parts de sociétés civiles et de certaines sociétés commerciales.

Les actions, quant à elles, relèvent plutôt de la catégorie des valeurs mobilières. Elles obéissent à un régime proche mais distinct.

La procédure de la saisie-vente

Cette procédure vise les droits incorporels détenus par un débiteur dans une structure sociale. Il peut s’agir de parts sociales ou, plus largement, de droits attachés à une participation dans une personne morale.

Conformément à l’article L.231-1 du Code des procédures civiles d’exécution, le créancier doit justifier d’un titre exécutoire et d’une créance certaine, liquide et exigible. Cette exigence conditionne la validité de toute mesure d’exécution forcée.

La saisie concerne exclusivement les droits incorporels autres que les créances de sommes d’argent.

En pratique, vous pouvez appréhender des parts détenues dans une société civile ou commerciale. En revanche, certaines situations relèvent d’un autre mécanisme.

Ainsi, une créance détenue par un associé sur la société, notamment au titre d’un compte courant, ne peut être saisie que par une saisie-attribution. Il en va de même pour les dividendes déjà échus ou les intérêts exigibles.

À l’inverse, les droits futurs attachés aux titres, comme des dividendes non encore distribués, peuvent être inclus dans la saisie des droits d’associés. La distinction entre ces différentes catégories est essentielle, car elle détermine la procédure applicable et conditionne sa régularité.

La saisie des droits d’associés suit une procédure spécifique.

Elle débute par un acte de saisie signifié au débiteur et à la société. Cet acte rend les droits indisponibles. Le débiteur ne peut plus les céder.

Après la saisie, un délai est ouvert pour permettre d’éventuelles contestations. Ce délai est en principe d’un mois à compter de la dénonciation de la saisie.

Si aucune contestation n’est formée, vous pouvez engager la phase de vente. Si une contestation est soulevée, la vente ne peut intervenir qu’après une décision de justice.

Le rôle de la société et des associés

La société joue un rôle central dans la procédure.

Elle est informée de la saisie et doit collaborer avec le commissaire de justice. Elle peut notamment fournir des informations sur les droits détenus par le débiteur.

Les autres associés peuvent également intervenir indirectement. Leur accord peut être nécessaire pour valider la cession des parts. Cela peut avoir un impact sur l’issue de la vente et sur le prix obtenu.

Vous devez donc intégrer ces éléments dès le début de la procédure.

Dans quels cas devez-vous obtenir l’accord préalable des associés ?Les parts de sociétés civiles, comme les sociétés civiles immobilières, peuvent être saisies. Toutefois, leur cession est souvent soumise à une clause d’agrément. Cela signifie que l’acquéreur devra être accepté par les autres associés.

Les parts de sociétés commerciales sont également saisissables, mais leur transmission est encadrée. Dans une société à responsabilité limitée, la cession des parts nécessite l’accord des associés représentant une majorité du capital. Dans une société en nom collectif, l’agrément doit en principe être unanime.

Ces contraintes n’empêchent pas la saisie, mais elles influencent les conditions de la vente.

Vente amiable ou vente forcée : quelle option choisir ?

La vente des droits d’associés peut intervenir de deux manières.

La vente amiable est possible si les parties s’accordent. Elle permet souvent d’obtenir un meilleur prix et d’éviter les contraintes d’une vente judiciaire.

La vente forcée intervient à défaut d’accord. Elle suppose que vous présentiez un certificat attestant l’absence de contestation ou un jugement rejetant les contestations.

La vente est alors organisée selon des modalités adaptées à la nature des droits saisis. Elle peut être affectée par les règles d’agrément propres à la société.

Comment est réparti le prix de vente ?

Lorsque plusieurs créanciers ont pratiqué une saisie, le prix de vente est réparti entre eux.

Seuls les créanciers ayant agi avant la vente peuvent prétendre à une part du prix (article L.233-1 du Code des procédures civiles d’exécution).

Si un créancier a pratiqué une saisie conservatoire, il pourra participer à la distribution, mais il devra obtenir un titre exécutoire pour percevoir les sommes. Dans l’attente, les fonds sont consignés auprès de la Caisse des dépôts et consignations. Cette étape est essentielle pour garantir une répartition équitable entre les créanciers. La saisie des droits d’associés est une voie d’exécution stratégique. Elle permet de saisir des actifs souvent négligés, notamment les parts sociales.

Vous devez toutefois respecter des conditions strictes. Vous devez disposer d’un titre exécutoire, identifier correctement les droits saisissables et suivre une procédure rigoureuse.

La distinction entre droits sociaux et créances d’argent est déterminante. Elle conditionne le choix de la procédure. Enfin, vous devez tenir compte des spécificités de chaque société, notamment des règles d’agrément, qui peuvent influencer la vente. Bien maîtrisée, cette procédure constitue un levier efficace pour recouvrer une créance. Mal utilisée, elle peut être contestée et perdre toute efficacité.

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