Dans un contexte géopolitique et économique de plus en plus incertain, de nombreuses entreprises opérant aux Émirats arabes unis réalisent que leurs contrats commerciaux signés dans d’autres temps ne sont plus adaptés aux risques d’aujourd’hui. L’audit contractuel n’est plus une option : c’est un outil de survie économique.
Des contrats rédigés pour un monde qui n’existe plus
Les perturbations qui ont marqué les dernières années pandémie mondiale, tensions géopolitiques régionales, disruption des chaînes d’approvisionnement, fluctuations monétaires ont mis en lumière une réalité souvent ignorée : beaucoup de contrats commerciaux ne prévoient pas les situations qu’une entreprise peut rencontrer au quotidien.
Dans la pratique, les lacunes les plus fréquentes observées dans les contrats d’entreprises opérant aux Émirats concernent :
- L’absence ou la rédaction trop vague des clauses de force majeure ;
- L’inexistence de mécanismes de renégociation en cas de bouleversement économique majeur ;
- L’absence de procédures de suspension temporaire des obligations ;
- Des modalités insuffisantes de révision des prix ou des délais ;
- Aucune disposition spécifique sur les conséquences d’une perturbation de la chaîne logistique.
Lorsque ces situations surviennent, les parties se retrouvent dans un vide juridique et le vide juridique, dans les relations commerciales, se résout généralement devant un tribunal ou un tribunal arbitral.
La force majeure : clause indispensable, souvent mal rédigée
La clause de force majeure permet de suspendre ou d’exonérer l’exécution d’une obligation lorsqu’un événement extérieur, imprévisible et irrésistible rend cette exécution impossible. Son principe est universel. Sa rédaction, elle, est déterminante.
Une clause trop générale peut se révéler pratiquement inopérante en cas de litige. Les situations concrètes qui doivent être explicitement couvertes incluent notamment :
- Les conflits armés ou tensions géopolitiques régionales affectant les routes commerciales ;
- Les fermetures de frontières ou les restrictions douanières et logistiques ;
- Les sanctions économiques ou restrictions financières internationales ;
- Les décisions gouvernementales impactant l’activité dans un ou plusieurs États ;
- Les crises sanitaires affectant les opérations ou les chaînes d’approvisionnement.
Un principe à retenir
Ce qui n’est pas listé dans une clause de force majeure risque d’être exclu de son champ d’application. La précision de la rédaction est une protection directe pour l’entreprise.
Les clauses de hardship : renégocier avant de rompre
Au-delà de la force majeure, il existe une autre catégorie de clauses souvent absente des contrats : les clauses de hardship, ou clauses de renégociation. Ces clauses n’ont pas vocation à exonérer une partie de ses obligations elles permettent d’ouvrir une négociation lorsque l’équilibre économique du contrat est profondément et durablement bouleversé.
Une clause de hardship bien rédigée peut prévoir :
- L’obligation pour les parties de se retrouver à la table des négociations dès lors qu’un seuil économique défini est atteint ;
- La possibilité d’ajuster les prix, les volumes ou les délais ;
- La désignation d’un tiers (expert ou médiateur) en cas de blocage ;
- Une procédure de résiliation équitable si aucun accord n’est trouvé.
L’audit contractuel : en quoi consiste-t-il concrètement ?
Un audit des contrats commerciaux est un exercice d’analyse structuré qui vise à dresser un état des lieux objectif des engagements contractuels d’une entreprise. Il permet de répondre à plusieurs questions clés :
- Les clauses existantes sont-elles cohérentes avec le droit applicable et la pratique commerciale actuelle ?
- Les risques actuels sont-ils couverts par les mécanismes prévus dans les contrats en vigueur ?
- Quelles lacunes exposent l’entreprise à des risques juridiques non anticipés ?
- Quels contrats peuvent être renégociés ou amendés pour améliorer la position de l’entreprise ?
Un enjeu particulier pour les entreprises opérant aux Émirats
Les entreprises établies aux Émirats arabes unis évoluent dans un environnement commercialement très internationalisé. Leurs contrats impliquent souvent plusieurs juridictions, différentes lois applicables, et des partenaires situés sur plusieurs continents.
Cette complexité multiplie les risques juridiques et rend d’autant plus importante la robustesse des mécanismes contractuels. Une lacune dans un contrat international peut entraîner des conséquences financières considérables et des procédures longues et coûteuses.
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