https://www.agn-avocats.fr/blog/droit-de-la-famille/infertilite-le-gouvernement-ecrira-aux-francais-de-29-ans-en-2026/

Lutte contre l’infertilité : pourquoi le gouvernement va écrire à tous les Français de 29 ans dès 2026 ?

Lutte-contre-l-infertilite-pourquoi-le-gouvernement-va-ecrire-a-tous-les-Francais-de-29-ans-des-2026.jpg

Si vous approchez la trentaine, vous risquez de recevoir cet été un courrier de l’Etat pour parler reproduction et fertilité. Tentative de « réarmement démographique » ou politique de sensibilisation ? On vous explique.

Le dispositif gouvernemental 2026 : pourquoi 29 ans ?

Contenu de la lettre et objectifs de prévention

La lettre aux jeunes de 29 ans est la mesure phare du plan contre l’infertilité lancé par le gouvernement le 5 février 2026, et peut-être celle qui fait couler le plus d’encre.

En réalité, ce sont seize mesures qui sont prévues, parmi lesquelles la création d’un portail national de référence sur la santé reproductive et la fertilité, le renforcement de l’éducation à la santé reproductive en milieu scolaire, l’amélioration de la prise en charge de l’infertilité et des procédures de conservations d’ovocytes.

Mais au-delà de la recherche médicale et des modifications de programme scolaire, la ministre de la Santé souhaite intervenir directement auprès des futurs parents pour relancer la natalité en France.

Le contenu précis de la lettre n’a pas encore été révélé, mais le gouvernement a pu indiquer que la démarche se veut « ciblée et équilibrée » et vise à renforcer le pouvoir d’agir des jeunes adultes, sans injonction ni pression sociale.

Un des objectifs est également de donner l’information aux hommes comme aux femmes, « la fertilité étant un enjeu partagé ».

L’idée forte de cette communication est d’éviter les « si j’avais su », et par conséquent d’informer les français sur les chiffres de l’infertilité, les possibilités d’accompagnement médical à la procréation ou de conservation des ovocytes en prévention.

Il s’agit donc d’une campagne de sensibilisation à la fertilité et la contraception, et non pas une incitation à faire des enfants, les deux hypothèses étant évoquées dans le courrier.

Infertilité en France : les chiffres clés

Le plan contre l’infertilité est le fruit d’un travail de recherche datant de 2022, lorsque le gouvernement avait demandé un rapport sur le sujet.

Le « rapport sur les causes d’infertilité » des professeurs HAMAMAH et BERLIOUX de février 2022 nous apprend que 3,3 millions de français sont directement touchés par l’infertilité, qui est désormais un enjeu de santé majeur.

La natalité recule, passant du premier enfant à 29 ans en moyenne pour les femmes en 2019 à 34 ans, ce qui entraine biologiquement un risque d’infertilité plus élevé une fois la barre des trente ans passée.

Pire encore, les facteurs environnementaux ont un impact considérable sur la fertilité des hommes : on enregistre un déclin de 50% de la concentration spermatique chez les hommes des pays industrialisés entre 1973 et 2011.

Chez les femmes, ces dernières années ont vu le nombre d’endométrioses, de syndromes des ovaires polykystiques (SOPK) et autres pathologies exploser, signe d’une meilleure prise en charge médicale mais également d’un risque d’infertilité accru.

Le constat du gouvernement est clair : un couple sur huit est concerné par des difficultés de procréation et doit donc être pleinement informé de ses droits et aides pour réaliser son projet parental.

Si cela vous concerne, la loi française dispose de dispositifs pour vous accompagner.

PMA et préservation de la fertilité : vos droits en 2026

Qui peut accéder à la PMA ? Conditions légales

La procréation médicalement assistée ou aide médicale à la procréation (PMA ou AMP) est une procédure médicale encadrée par la loi pour permettre aux couples souffrant d’infertilité à avoir un enfant.

Elle est ouverte aux couples hétérosexuels, aux couples de deux femmes ou aux femmes seules en application des articles L 2141-1 et suivants du Code de la santé publique.

Il existe une condition d’âge qui varie en fonction du sexe :

  • Chez les femmes, le prélèvement d’ovocytes peut être réalisé jusqu’au 43ème anniversaire, avec une implantation jusqu’au 45ème anniversaire
  • Chez les hommes, le recueil de spermatozoïdes peut être réalisé jusqu’au 60ème anniversaire, et l’implantation ne pourra avoir lieu après le 60ème anniversaire du futur père

En matière de prélèvement pour conservation des gamètes, il existe également un âge limite en l’absence de motif médical pour cette opération (entre 29 et 37 ans pour les femmes, et entre 29 et 45 ans pour les hommes).

Des différences d’âge qui s’expliquent par la réalité biologique (difficulté de mener la grossesse à son terme pour la femme, qualité des spermatozoïdes et risque d’être orphelin de père pour l’enfant à naître).

Il peut également être prévu un don de gamètes par un tiers, ce qui nécessite un consentement donné par le ou les parents devant le Notaire ou le juge, selon les articles 311-20 du Code civil, ainsi que les articles 1157-2 et 1157-3 du Code de procédure civile.

Les procédures étant longues, les demandeurs sont interrogés chaque année sur le maintien de leur consentement à la PMA, ou s’ils acceptent de donner les gamètes à un autre couple ou la science.

Cette recherche du consentement par la loi s’explique par le fait que la PMA est un projet parental : l’article L2141-2 du code de la santé publique rappelle que le décès d’un des membres du couple, les procédures de divorce, la séparation ou la révocation par écrit du consentement mettent fin à la procédure.

En résumé, la loi permet aux couples ou femmes seules d’accomplir un projet parental, sous réserve de respecter les âges prévus pour les prélèvements et implantations et de garantir un consentement jusqu’au terme de la procédure.

Préservation de la fertilité : ce que dit la loi ?

Parcours PMA : les enjeux juridiques à connaître

Si vous envisagez de vous lancer dans un parcours PMA, outre les conditions légales précitées, il est nécessaire d’avoir en tête les enjeux.

La PMA est un parcours très long qui nécessite de nombreux rendez-vous médicaux avec une équipe médicale clinicobiologique d’un centre spécialisé, au cours desquels la procédure est présentée et la motivation du parent testée.

Après un délai de réflexion d’un mois, le ou les parents doivent donner leur consentement écrit au médecin, et il peut également être nécessaire de passer chez le Notaire pour consentir au don de gamète lorsque cela est nécessaire.

En cas d’accord, la PMA débute et vous bénéficiez d’une prise en charge à 100% par l’assurance maladie pour 6 inséminations et 4 tentatives de fécondation in vitro.

En cas de refus ou de report par l’équipe médicale, vous pouvez solliciter les motifs par écrit et des recours existent.

En tout état de cause, le consentement doit être renouvelé chaque année par les parents pour maintenir le projet.

Sécurisez votre parcours PMA : les situations qui nécessitent un conseil juridique

Que ce soit d’un point de vue médical ou juridique, la PMA peut vous sembler un véritable parcours du combattant.

De la même manière, en cas de doute sur les démarches juridiques liées au consentement, ou en cas de contestation d’un refus de prise en charge, c’est vers l’avocat qu’il faut vous tourner.

Nos avocats experts en droit de la famille, se tiennent à votre disposition pour répondre à toutes vos questions et vous conseiller. Nos entretiens peuvent se tenir en présentiel ou en visio-conférence. Vous pouvez prendre rendez-vous directement en ligne sur www.agn-avocats.fr.

AGN AVOCATS – Pôle famille
contact@agn-avocats.fr
09 72 34 24 72