Un accident de la circulation n’entraîne pas systématiquement des dommages corporels. Pour autant, les conséquences matérielles peuvent être lourdes : véhicule immobilisé, réparations coûteuses, frais annexes, difficultés de déplacement…
En l’absence de blessé, la question centrale devient celle de l’indemnisation des préjudices matériels, principalement prise en charge par les assurances.
Le rôle des assurances après un accident sans préjudice corporel
Lorsqu’aucune atteinte corporelle n’est constatée, l’indemnisation repose essentiellement sur le droit des assurances et les contrats souscrits par les conducteurs.
L’indemnisation dépend principalement :
- de la responsabilité dans l’accident ;
- du type de garanties prévues au contrat (tiers simple, tiers étendu, tous risques) ;
- des conclusions de l’expertise automobile.
En cas de responsabilité du tiers, l’assureur du responsable doit réparer l’intégralité du préjudice matériel subi par la victime.
L’indemnisation des dommages matériels au véhicule
Les frais de réparation
Les frais de remise en état du véhicule constituent le principal poste d’indemnisation.
Ils sont évalués par un expert automobile, mandaté par l’assurance, qui détermine :
- la nature des réparations ;
- leur coût ;
- et la valeur du véhicule avant le sinistre.
Si le véhicule est économiquement réparable, l’assurance doit prendre en charge le coût des réparations, sous réserve des éventuelles franchises prévues au contrat.
Le cas du véhicule déclaré économiquement irréparable
Lorsque le coût des réparations excède la valeur du véhicule avant l’accident, celui-ci peut être déclaré économiquement irréparable.
L’indemnisation est alors fondée sur la valeur de remplacement ou la valeur vénale du véhicule, et non sur le montant des réparations.
Les frais annexes indemnisables
Au-delà des réparations, plusieurs frais directement liés à l’accident peuvent être indemnisés :
- frais de remorquage et de gardiennage ;
- frais de dépannage ;
- frais d’expertise ;
- frais de location d’un véhicule de remplacement, lorsque l’immobilisation est nécessaire.
Ces frais doivent être justifiés et présenter un lien direct avec l’accident.
Le préjudice de jouissance du véhicule
L’immobilisation d’un véhicule peut entraîner un préjudice de jouissance, correspondant à la privation d’usage pendant la durée des réparations ou de l’indisponibilité.
Ce préjudice peut être indemnisé :
- soit par la prise en charge d’un véhicule de remplacement ;
- soit par une indemnisation financière, lorsque la location n’a pas été possible ou n’a pas été proposée.
La durée d’indemnisation doit correspondre à un délai raisonnable, apprécié au regard des circonstances du sinistre.
Les autres préjudices matériels indemnisables
Selon les situations, d’autres préjudices matériels peuvent être pris en compte :
- détérioration d’objets transportés dans le véhicule ;
- pertes financières liées à l’impossibilité d’utiliser le véhicule (notamment pour une activité professionnelle) ;
- frais supplémentaires de transport (taxis, transports en commun).
Ces postes d’indemnisation sont souvent discutés avec les assureurs et nécessitent une argumentation précise.
En cas de désaccord avec l’assurance
Les désaccords avec les compagnies d’assurance sont fréquents, notamment sur :
- l’évaluation du coût des réparations ;
- la valeur du véhicule avant sinistre ;
- la durée d’indemnisation du préjudice de jouissance.
En cas de litige notamment sur les frais de réparation du véhicule, il est possible de solliciter une contre-expertise, laquelle sera aux frais de l’assuré.
En dernier recours, il convient d’engager une procédure judiciaire.
La procédure judiciaire en cas de litige sur l’indemnisation matérielle
Lorsque les démarches amiables avec les compagnies d’assurance n’aboutissent pas ou que l’indemnisation proposée apparaît insuffisante, une procédure judiciaire peut être engagée afin d’obtenir la réparation intégrale des préjudices matériels subis.
L’action judiciaire peut être engagée :
- contre l’assureur du responsable de l’accident ;
- et, le cas échéant, contre le responsable lui-même.
En matière d’assurance automobile, l’action directe contre l’assureur est fréquemment privilégiée, permettant à la victime de solliciter directement l’indemnisation de ses préjudices matériels.
Il appartient au demandeur de démontrer :
- la réalité de l’accident ;
- la responsabilité du défendeur ;
- l’existence des préjudices matériels invoqués ;
- et le lien de causalité entre l’accident et les dommages subis.
Les pièces produites à l’appui de la demande sont déterminantes : constat amiable, rapport d’expertise, factures de réparation, justificatifs des frais annexes, éléments relatifs à l’immobilisation du véhicule.
Le recours à l’expertise judiciaire
En cas de contestation sérieuse sur l’évaluation des dommages ou sur la valeur du véhicule, le juge peut ordonner une expertise judiciaire.
Cette mesure permet de disposer d’une évaluation indépendante, contradictoire et impartiale des préjudices matériels.
L’expertise judiciaire joue souvent un rôle central dans l’issue du litige, notamment en cas de désaccord persistant avec l’expert d’assurance.
Les délais et l’intérêt d’une action en justice
La procédure judiciaire implique nécessairement des délais, qui sont assez variables en fonction du dossier, de sa complexité, et de la nécessité ou non de recourir à une expertise judiciaire, mais elle permet :
- de faire reconnaître l’intégralité des préjudices matériels ;
- de contester une indemnisation manifestement insuffisante ;
- de faire trancher définitivement le litige par une décision exécutoire.
L’assistance d’un avocat permet de sécuriser la procédure, vérifier l’étendue des préjudices indemnisables, d’optimiser la présentation de ces préjudices et d’augmenter les chances d’obtenir une indemnisation conforme aux droits de la victime.
Les dommages matériels, le préjudice de jouissance et les frais annexes doivent faire l’objet d’une indemnisation juste et complète.
Une vigilance particulière s’impose dès le début des échanges avec les assurances afin d’éviter une réparation partielle ou insuffisante du préjudice subi.
Nos avocats experts en droit de la responsabilité et des assurances se tiennent à votre disposition pour répondre à toutes vos questions et vous conseiller. Nous proposons des entretiens en présentiel ou en visioconférence. Vous pouvez prendre rendez-vous directement en ligne sur https://www.agn-avocats.fr/.
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