https://www.agn-avocats.fr/blog/francais-a-letranger/famille-etranger/opposition-a-mariage-refus-du-certificat-de-capacite-a-mariage/

Opposition à mariage : que faire en cas de refus du certificat de capacité à mariage ?

opposition-a-mariage-que-faire-en-cas-de-refus-du-certificat-de-capacite-de-mariage.jpg

Le mariage d’un ressortissant français avec un ressortissant étranger est soumis à une formalité préalable spécifique : l’obtention d’un certificat de capacité à mariage (CCAM).

Lorsque ce certificat est refusé par l’administration, le projet matrimonial se retrouve bloqué, parfois pour de longs mois. Pourtant, ce refus n’est ni automatique ni définitif et peut être contesté.

Qu’est-ce que le certificat de capacité à mariage ?

Le certificat de capacité à mariage est un document délivré par les autorités françaises (ambassade ou consulat) attestant que le ressortissant français remplit les conditions légales pour se marier à l’étranger.

Il vise principalement à :

  • vérifier l’identité et l’état civil des futurs époux,
  • s’assurer de l’absence d’empêchement légal au mariage,
  • prévenir les mariages frauduleux, notamment les mariages dits « de complaisance » ou « blancs ».

Sans ce certificat, le mariage célébré à l’étranger risque de ne pas être reconnu en France.

Dans quels cas le certificat de capacité à mariage peut-il être refusé ?

Le refus de délivrance du CCAM intervient généralement lorsque l’administration soupçonne une absence d’intention matrimoniale réelle.

Les situations les plus fréquentes sont notamment :

  • non-respect des conditions légales françaises pour le mariage (âge, consentement, etc.)
  • des incohérences lors des auditions séparées des futurs époux ;
  • une différence d’âge importante ou une relation très récente ;
  • une absence de communauté de vie ou de langue commune ;
  • un contexte migratoire jugé suspect ;
  • des éléments laissant penser que le mariage aurait pour seul but l’obtention d’un titre de séjour ou de la nationalité française.

Il est important de souligner que ces éléments ne constituent pas en eux-mêmes des preuves, mais des indices sur lesquels l’administration fonde son appréciation.

Lorsque le consulat ou l’officier d’état civil estime que le mariage est susceptible d’être frauduleux, le dossier peut être transmis au procureur de la République, qui dispose alors d’un délai pour s’opposer à la délivrance du certificat.

Le refus est notifié aux futurs époux, généralement par écrit, parfois sans motivation détaillée, ce qui rend la situation particulièrement anxiogène pour les intéressés.

Peut-on contester un refus de certificat de capacité à mariage ?

Oui. Le refus de CCAM n’est pas une décision définitive et peut faire l’objet de recours.

Les futurs époux peuvent engager une procédure de mainlevée de l’opposition qui consiste à faire lever l’opposition du Procureur et à obtenir le droit de se marier.

Le juge appréciera alors concrètement la réalité du projet matrimonial, au regard des éléments produits par les futurs époux.

La procédure de mainlevée de l’opposition

La démarche débute par la saisine du tribunal judiciaire de Nantes, juridiction exclusivement compétente pour connaître des litiges relatifs aux actes d’état civil des Français établis à l’étranger, notamment en matière d’opposition à mariage.

La représentation par un avocat inscrit au barreau de Nantes est obligatoire.

La solidité du dossier soumis au tribunal conditionne largement l’issue de la procédure.

Il appartient aux futurs époux de réunir l’ensemble des éléments permettant d’établir la réalité et la sincérité de leur projet matrimonial.

A ce titre, plusieurs pièces peuvent venir faire la démonstration de la réalité matrimoniale :

  • attestations de l’entourage (famille, amis, collègue) confirmant l’authenticité de la relation ;
  • justificatifs de vie commune (contrat de location, factures, relevés bancaires communs, etc.) ;
  • échanges de correspondances (courriels, messages, lettres) ;
  • certificats médicaux, notamment en cas de grossesse ou de projet parental.
  • photographies du couple prises à différentes étapes de la relation ;
  • billets d’avion des voyages effectués dans le cadre de la relation  ;
  • preuves d’un soutien financier réciproque ;

La requête adressée au tribunal doit être précisément argumentée et structurée. Elle comprend notamment :

  • une présentation du couple et de l’historique de la relation ;
  • une réponse détaillée et circonstanciée aux motifs ayant fondé le refus du certificat de capacité à mariage ;
  • la communication des preuves (ci-haut détaillés) démontrant la réalité de la relation ;
  • une argumentation juridique fondée sur le respect du droit au mariage et de la liberté matrimoniale.

Le refus de certificat de capacité à mariage ne doit pas être perçu comme décision définitive.

Chaque situation mérite une analyse individualisée et une défense adaptée, afin de faire reconnaître la réalité du projet matrimonial et le respect du droit fondamental au mariage.

Nos avocats experts en droit de la famille, se tiennent à votre disposition pour répondre à toutes vos questions et vous conseiller. Nos entretiens peuvent se tenir en présentiel ou en visio-conférence. Vous pouvez prendre rendez-vous directement en ligne sur www.agn-avocats.fr.

AGN AVOCATS – Pôle famille
contact@agn-avocats.fr
09 72 34 24 72